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Verdict panoramique de vos dernières lectures...

Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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lldm, 16.12.2018 à 3:42370782
Très beau Coché, complexe et riche, plein de contradictions (thématiques, visuelles, culturelles, etc.) brisant les hiérarchies habituelles du jugement. C'est drôle et grave, beau et laid, enlevé et maniaque. Et en associant pour la première fois son travail en couleur et celui en pointes sèches, il parvient, par ce chassé croisé impur, à en chasser l'espèce de pompe "décorative" qui menace parfois ses autres livres (le côté "trop joli pour être honnête", qui parait être l'objet même de la critique de celui-ci, entre autres choses). Un bouquin qui mérite de nombreuses relectures ce qui est une vraie source de joie; les rappels connotatifs picturaux appuyés prennent ici une place sensiblement différentes - elles produisent un cadre spécifique du récit - de ce qui est chez lui, d'habitude un mode du travail plutôt qu'un objet.

lanjingling, 16.12.2018 à 1:11370777
Je n'avais jamais entendu parler de ce scénariste qui a pourtant fait 112 albums, mais en lisant celui-ci, si tous sont du même modèle, je ne culpabilise pas, ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Cela commence comme un roman d'apprentissage, avec une narration et un dessin vus trop souvent, pour se terminer par un renversement qui se veut une allégorie, et ressort de la technique de "c'était donc un rêve!"
Et j'ai été trompé par le titre, m'attendant à une histoire sur Tbilissi.

crepp, 15.12.2018 à 11:08370766



"Tu ne m'échapperas pas...Même si je dois aller jusqu'en enfer...Jusqu'en enfer, tu m'entends !!"

Actuellement je relis tout Howard, ce qui me fait dire que pour le moment, le début de cette collection de Glénat est loin de mes attentes. De plus cette nouvelle "la fille du géant du gel" est très courte, j'étais dubitatif sur l'adaptation avec cette pagination. Bien, je me suis planté, Robin Recht est le premier a faire sentir l'ambiance d'Howard, c'est cruel, barbare, sauvage, sans complaisance. Il ne faut pas chercher une intrigue ou une histoire surprenante ici, il faut juste prendre cette sauvagerie dans la gueule.

3 Haches (même si j'ai bien hésité avec 4)

lldm, 11.12.2018 à 14:27370730
Allister Baudin :
Oui, le meilleur zine que j'ai lu cette année. Ces séries de dessins réalisées en 2010 font prendre, à mon sens, un sacré recul sur ce que le Comics Journal a appelé de façon bien peu heureuse les French Structural Comics, dans cet article publié en 2018 et rédigé en 2016 . Il y aurait une mise en perspective à faire entre le fascinant Ice Age de Steve Peterson et la mode actuelle des bandes dessinées abstraites tournant autour de matières, qui, bien souvent, sont aussi passionantes que les notices de montages de meubles ikéa (il y a des nuances à faire, bien sûr, au sein de tout ce qui est englobé maladroitement et à la truelle par l'article du CJ).



Oui, pas quinze ans, dix (j'ai un peu tendance à propulser la revue "Enculer" dans un très lointain passé)

Allister Baudin, 11.12.2018 à 13:47370721
Oui, le meilleur zine que j'ai lu cette année. Ces séries de dessins réalisées en 2010 font prendre, à mon sens, un sacré recul sur ce que le Comics Journal a appelé de façon bien peu heureuse les French Structural Comics, dans cet article publié en 2018 et rédigé en 2016 . Il y aurait une mise en perspective à faire entre le fascinant Ice Age de Steve Peterson et la mode actuelle des bandes dessinées abstraites tournant autour de matières, qui, bien souvent, sont aussi passionantes que les notices de montages de meubles ikéa (il y a des nuances à faire, bien sûr, au sein de tout ce qui est englobé maladroitement et à la truelle par l'article du CJ).

A noter qu'on peut commander Ice Age ici, et que le livre est très beau, jusque dans sa fabrication.


lldm, 11.12.2018 à 13:21370718
Comme c'était chouette, au détour d'une incroyable librairie de Bordeaux (Disparate, dont je vous recauserai surement) de retrouver ces belles variations polaires éditorialement invisibles depuis plus de quinze ans réunies dans joli fascicule

Thierry, 28.11.2018 à 10:30370558
[thorgal36 : album sans vignette]

mais à un point que je n'osais imaginer

crepp, 27.11.2018 à 10:47370547




Il me manque un souffle pour en faire un grand album de cette croisade.
3 batons

Mr_Switch, 26.11.2018 à 18:05370538
chrisB :
Miam que c'est bon de retrouver l'équipe de choc de la Police Freelance !!



Tiens, la dernière Antre du Mea traite de Sam & Max.

lanjingling, 23.11.2018 à 17:22370505
C'est parce que selon le titre, on ne peut qu'aimer cet album, qui est un monstre éditorial. C'est tautologique, quoi :)
Plus objectivement, c'est un livre hors-normes, qui ne peut que marquer ceux qui lisent peu et connaissent mal la B.D. (cet album se vend beaucoup en librairies généralistes), c'est un pavé comme on en voit peu, le dessin est atypique, et la présentation sur cahier d'écolière ainsi que la bio de l'autrice ne peuvent qu'émouvoir. Enfin les thèmes abordés (enfance maltraitée, rejet de la différence, féminisme...) touchent l'air du temps. Beaucoup donc de critères pour un succès innatendu réunis dans un seul album (plusieurs points communs avec la série de Satrapi, qui a aussi été un succès en dehors du lectorat bédéphile.)Je soupconne d'ailleurs, vu le pavé, que, comme pour les prix littéraires, beaucoup l'on acheté pour la hype mais ne l'ont pas lu; la B.D. rejoint enfin la place de la littérature :)

Sur BDgest, repaire de bdphiles classiques, succès mitigé, et ceux qui aiment là comme ici sont malheureusement peu diserts.

Maintenant que mes déménagements sont finis, je vais essayer d'expliquer pourquoi j'ai beaucoup apprécié.

chrisB, 21.11.2018 à 12:25370474
je pige pas la hype sur cet album, oui c'est un bon album mais pour moi on est loin des louanges titanesques qu'il reçoit un peu partout (twitter étant ma source n1)

Mais même ici, je ne m'attendais pas à ce défilé de coup de coeur...

Kazekami, 12.11.2018 à 16:54370402
Avant, les Vieux Fourneaux étaient une bande dessinnée qui faisait rire. Mais ça c’était avant... J’ai l’impression que Wilfrid Lupano s’est égaré en perdant l’essence même qui ont fait le succès de cette série : l’humour. Aujourd’hui, Les Vieux Fourneaux ne font plus rire, l’auteur voulant dorénavant faire passer des messages politiques, revendicatifs quitte a en oublier totalement le but même de sa série. Les messages en soi sont plutôt honorables (L’écologie, les migrants, la cité, la famille) mais prennent tellement de place dans l’esprit de l’auteur qu’il ne sait même pas comment communiquer avec finesse dessus. Oui quand on lit ce dernier tome, on a l’impression de voir défiler son fil d’actualité Facebook avec tous ces gens engagés a défendre la veuve et l’orphelin, a essayer de t’apprendre comment bien penser de nos jours. Émile, de la BD, en fait d’ailleurs les frais, puisque l’on le culpabilise d’aller se divertir a un match de rugby sans avoir conscience des horreurs du monde... jusqu’à que lui aussi sombre dans une révolution en intervenant sur le terrain déguisé pour faire un show des plus ridicule, mais aucunement drole.

Oui l’auteur s’égare et au lieu de rendre subtil son discours, le rend juste lourd. RIP la série d’humour du moment, bienvenue a la série moralisatrice qui oublie de divertir.

Thierry, 05.11.2018 à 10:26370375
retour sur la croisade des enfants, qui s'est perdue quelque part au XIIIème siècle. Bel album, dans la lign,ée de ce que fait Chloé Cruchaudet et un probable sélectionné pour l'ACBD et Angoulême.

Thierry, 02.11.2018 à 12:28370359
A travers, c'est la vie d'un homme sur 70 ans. A chaque double-page, une année.
Sur la page de gauche, nous voyons le personnage principal. Sur celle de droite, ce qu'il voit.
Ce livre offre donc 2 points de vue: celui, extérieur, d'un observateur qui capture des instants de vie. De l'autre, les images que conservent le sujet de ce livre.
Le principe est simple et on peut se dire que tout cela se "lit" bien vite, puisque ce livre est en plus muet.
En quelques minutes, le lecteur passe d'une page à l'autre, d'une année à l'autre. Pourtant, en deux dessins distincts mais complémentaires, l'auteur distille bien plus d'informations que l'on pourrait croire. Déjà, au fil des années, des tendances apparaissent, comme la nature du lien qui existe entre le père et le fils. Ensuite sur la passion grandissante du sujet pour les étoiles. C'est ensuite le subtil enchaînement des événements, qui, en quelques pages, résument la trajectoire d'un couple, la dégradation de santé d'un personnage...
Tom Haugomat va à l'essentiel. Quadrichromie sans encrage, personnage qui restent à l'état d'ébauche, sans traits identifiables, mise en page minimaliste puisqu'à raison d'une illustration par page, il se prive de toute possibilité d'ellipse autre que celle qui existe dans la temporalité très lâche qui sépare chaque double-page. Le sens de cette histoire se dévoile dans le basculement de point de vue qui est matérialisé par la confrontation entre la représention objective du sujet et la vision subjective de ce qu'il voit. De cette collection d'instants choisis et de points de vue, nous voyons apparaître une vie à la fois banale et grandiose.

Thierry, 02.11.2018 à 10:58370358
l'auteur confirme les promesses de Beverly.
Sabrina, jeune femme comme tant d'autres, sans histoires ni rien de particulier, disparait.
Et puis ?
Tout se passe en hors-champ, Drnaso dressant une nouvelle fois un portrait étouffant de l'Amérique morne et en proie à ses démons intérieurs. plus quele sort de Sabrina, c'est l'effet de cette disparition qui est le sujet de ce livre. Sur Teddy, le petit ami en perdition, sur la soeur de Sabrina et sur Calvin, un ami de Teddy chez qui ce dernier vient se réfugier. Et sur l'inconscient collectif, lorsque ce fait divers commence à alimenter la machine à fantasmes d'une Amérique bien mal en point. Entre suspension et pesanteur, Drnaso distille un malaise diffus. Il expose un monde malade, livrant une fable plus politique qu'il n'y paraîtet terriblement désenchantée.

Thierry, 02.11.2018 à 10:47370357
crepp :




"A travers" c'est l'histoire d'une vie, donc cela commence dans le ventre de la mère en décembre 1955, pour se poursuivre pendant des années. Ainsi le lecteur va suivre l'histoire d'un homme dans la grande Histoire des hommes, et cela par le bout de la lorgnette.
Car ici Tom Haugomat part d'une idée assez simple: la page de gauche montre un dessin avec un personnage (souvent le "héros") , celle de droite montrera ce que voit le même personnage.
Une image vaut mieux qu'un explication :



Et ça marche, cette description du temps qui passe, pour nous rappeler que nous sommes juste un grain de poussière dans le tout, me touche beaucoup. J'y retrouve l'ambiance que dégage "Ici" de Richard McGuire.
Je pensais que mon album de l'année sera et restera "Moi ce que j'aime c'est les monstres", et ben il y aura match.

coup de coeur


entre celui-là, le Emil Ferris, le Nick Cave (malgré les faiblesses de l'exercice), le Sabrina de Drnaso, le nouveau Cruchaudet (en cours de lecture), Epiphania, l'homme gribouillé (pas complètement convaincu mais c'est du Peeters, quand même), le dévasté de Julia Gfrörer, la fin des anabaptistes d'Ambre et Vandermeulen et en attendant l'âge d'or, je me dis que 2018 n'est pas trop pourrie en terme de bande dessinée

Thierry, 26.10.2018 à 12:45370289
Mael :
Ha oui ? Bon c'était cet été et c'était assez terrible, déjà le son était pourri et c'était surtout ultra paresseux, très mou. Pas vu une transe pour le coup mais en effet quelques personnes pas très jeunes comme face à Bieber ça oui ^^

(je précise que sans être fan j'ai bien aimé les albums que j'ai écouté par la suite, notamment le très écolo rendez-nous la lumière).

La transe, c'est plutôt vhez Nick Cave :o)
Dominique A, ça dépend de la formule, J'ai vu un concert assez rock et décontracté avec de très beaux moments, entre autres sur une chanson peu connue mais très émouvante qui s'appelle "Manset", mais qui ne parle pas vraiment de Gérard Manset.

Le PBE, 26.10.2018 à 11:53370287
J'apprécie l'univers de Dominique A. J'ai un bon souvenir de lui sur scène même si ce n'était pas un de ses concerts, il était invité de Yann Thiersen. Pas lu la bd.


Thierry :
Nick cave a cautionné ce livre. Mais il tient à rétablir la vérité. Il n'a pas tué Eliza Day.

Tiens, tiens, donc finalement le Cave se rebiffe.

(oui je sais, désolé, c'est bientôt l'heure d'aller manger, je n'ai pas pris le temps de peaufiner la manière dont j'allais placer ce bon mot)

Mael, 26.10.2018 à 10:53370285
Ha oui ? Bon c'était cet été et c'était assez terrible, déjà le son était pourri et c'était surtout ultra paresseux, très mou. Pas vu une transe pour le coup mais en effet quelques personnes pas très jeunes comme face à Bieber ça oui ^^

(je précise que sans être fan j'ai bien aimé les albums que j'ai écouté par la suite, notamment le très écolo rendez-nous la lumière).

lanjingling, 26.10.2018 à 10:48370284
Ma remarque visait l'argument de départ, comme quoi des lecteurs non connaisseurs du Nick Cave seraient un peu perdus, et je répondais que pratiquement seuls les amateurs lisaient ce genre de livres de toute façon, donc ce n'était pas vraiment un problème. Que l'on ne soit pas perdu avec le Dominique A en ignorant l'oeuvre vient après.
Moi je connais les deux, alors je suis blindé :)
Et j'avais aussi vu un concert d'A qui m'avait surpris par sa puissance, son intensité, sa violence, qui tranchait avec la retenue, la subtilité pour laquelle il est connu.
Vérification faite, on trouve de tels concerts de lui sur youtube, comme "Rive Electrique".

Thierry, 26.10.2018 à 9:42370281
en effet, le Dominique A est moins référentiel, l'argument étant plus bâtard.
J'ai vu Dominique A en concert et c'était loin d'être cata. Mais c'est vrai qu'on est loin de l'intensité de Nick Cave. J'ai vu des hommes et des femmes proches de la transe, pas loin de l'hystérie de gamines face à Justien Bieber.

Mael, 26.10.2018 à 8:51370280
Certes ^^ Mais si le Nick Cave semble très référentiel c'est à mon sens assez peu important de connaître A dans le cas du "j'aurai ta peau".

lanjingling, 26.10.2018 à 8:44370279
Admet tout de même que les fans de Balez et de Kleist (le dessinateur, pas le poète) sont bien plus rares que ceux de Dominique A et de Nick Cave :)

Mael, 26.10.2018 à 8:03370278
lanjingling :
Certes, mais qui va lire ce genre de livre, hormis les fans du chanteur? J'avais lu "J'aurai ta peau, Dominique A", parce que j'aime bien ce musicien (moins la B.D.)

Perso j'aime quelques chansons de A, moyennement (et je l'ai vu en concert c'était une cata) et j'ai lu la BD car j'apprécie le dessin de Balez et avait aimé des scénarios passés de Le Goueffec ! Il ne m'a pas renversé mais je le préférai clairement aux chansons de A ^^ bon en plus sans révéler la fin que ce soit Domonique A ou un autre n'a guère d'importance.

lanjingling, 26.10.2018 à 0:37370276
Thierry :
Mais peut-on parler de biographie pour ce livre ?
A chaque chapitre, Kleist adopte le point de vue d'une création de l'artiste. Le fugitif de "The Hammer Song", Eliza Day, la rose sauvage de "Where the wild roses grow", Euchrid, héros de son premier roman "And the ass saw the angel", le condamné à mort de "The Mercy Seat"... De là, Kleist mélange faits avérés, demi-vérités, mensonges éhontés et les chansons de Nick Cave pour composer un portrait fascinant de l'artiste, de sa démarche artistique, de ses démons... Les textes de chansons illustrent des visions enfiévrées. D'un chapitre l'autre, certaines scènes sont représentées selon une perspective différente, accentuant le puzzle narratif voulu par l'auteur. Le résultat est un livre fiévreux et habité, dans lequel la voix de Nick Cave s'impose naturellement.
Rien n'est tout-à-fait faux.
Tout est plus ou moins exact.

Approche intéressante, dont on peut attendre mieux que toutes les "Vie de X ou Y" en B.D., ou "les chansons de X ou Y en B.D."
Thierry :
Mais l'âme de Nick Cave est omniprésente, indéniablement.
Son intensité également.
Fascinant et vénéneux, ce livre réussit l'exploit de "dessiner la musique". Il est évident qu'ayant les chansons en tête, elles résonnent naturellement dans ma tête lorsque les paroles débutent. Même lorsqu'il introduit le "gong" de "Red Right Hand", il s'intègre parfaitement dans le rythme de lecture que nous recomposons dans notre tête. Mais si vous ne connaissez pas la chanson, l'effet sera sans doute raté.
C'est sans doute là l'écueil majeur de ce livre. Les fans de Nick Cave seront aux anges. Les autres risquent de ne pas adhérer à cet ovni pour initiés.

Certes, mais qui va lire ce genre de livre, hormis les fans du chanteur? J'avais lu "J'aurai ta peau, Dominique A", parce que j'aime bien ce musicien (moins la B.D.)
J'ai par ailleurs l'impression qu'il y a pusieurs B.D. qui reprennent des musiciens comme personnages (Monk recemment, Daho, d'Alfred(pas dans la bullebase?), j'en oublie, mais pas des acteurs. Quelqu'un pour m'expliquer ou me détromper?

Pierre, 25.10.2018 à 21:59370270




Pas fini mais pour l'instant c'est super bien.

Mr_Switch, 25.10.2018 à 18:14370264
Thierry :

C'est sans doute là l'écueil majeur de ce livre. Les fans de Nick Cave seront aux anges. Les autres risquent de ne pas adhérer à cet ovni pour initiés.


Ouep. Je saisis le dilemme. Toutefois, ça fait plaisir de te voir apprécier ce bouquin. Merci !

Thierry, 25.10.2018 à 10:46370254
Thierry :
crepp :
Mr_Switch :
Tu vas plutôt te précipiter sur




Avoue !

Ben j'espère bien, j'attends son avis ! :o)


parce que je vous aime encore, j'ai acheté la chose ce weekend, mais en VO parce que la maquette est beaucoup plus belle et je crains que ce genre d'exercice ne se prète difficilement à la traduction partielle. Graphiquement, l'allure de Nick cave est parfaitement captutée et, au feuilletage, le dernier chapitre qui joue sur Higgs Boson Blues semble très beau.
J'ai aussi acheté Sabrina, le nouveau Nick Drnaso (première bande dessinée finaliste du Booker Prize, après un Beverly très prometteur) et le Book of Magic de Gaiman & cie comme curiosité






Comment définir ce livre ?
Nick Cave fait partie de mon panthéon personnel. Un personnage hors-norme, d'un charisme exceptionnel.
Reinhard Kleist, habitué des biographies, avait déjà consacré un livre à Johnny Cash, l'une des influences majeures du rockeur australien.
Mais peut-on parler de biographie pour ce livre ?
A chaque chapitre, Kleist adopte le point de vue d'une création de l'artiste. Le fugitif de "The Hammer Song", Eliza Day, la rose sauvage de "Where the wild roses grow", Euchrid, héros de son premier roman "And the ass saw the angel", le condamné à mort de "The Mercy Seat"... De là, Kleist mélange faits avérés, demi-vérités, mensonges éhontés et les chansons de Nick Cave pour composer un portrait fascinant de l'artiste, de sa démarche artistique, de ses démons... Les textes de chansons illustrent des visions enfiévrées. D'un chapitre l'autre, certaines scènes sont représentées selon une perspective différente, accentuant le puzzle narratif voulu par l'auteur. Le résultat est un livre fiévreux et habité, dans lequel la voix de Nick Cave s'impose naturellement.
Rien n'est tout-à-fait faux.
Tout est plus ou moins exact.
Mais l'âme de Nick Cave est omniprésente, indéniablement.
Son intensité également.
Fascinant et vénéneux, ce livre réussit l'exploit de "dessiner la musique". Il est évident qu'ayant les chansons en tête, elles résonnent naturellement dans ma tête lorsque les paroles débutent. Même lorsqu'il introduit le "gong" de "Red Right Hand", il s'intègre parfaitement dans le rythme de lecture que nous recomposons dans notre tête. Mais si vous ne connaissez pas la chanson, l'effet sera sans doute raté.
C'est sans doute là l'écueil majeur de ce livre. Les fans de Nick Cave seront aux anges. Les autres risquent de ne pas adhérer à cet ovni pour initiés.
je dois aussi préciser l'avoir lu en anglais parce que je me demande sincèrement comment le traducteur a pû se dépétrer pour traduire les paroles de chansons sans en perdre le rythme, alors qu'elles sont ensuite intégrées dans les dialogues.
Nick cave a cautionné ce livre. Mais il tient à rétablir la vérité. Il n'a pas tué Eliza Day.

Mr_Switch, 23.10.2018 à 14:49370239
Après un démarrage assez catastrophique (lecture assez incompréhensible, transitions du même acabit...), le bouquin se laisse lire. De l'intrigue en elle-même, et surtout sa conclusion, on pourra gloser. Mais je reconnaitrais à ce livre d'installer une situation, une atmosphère qui permet de s'interroger.

En effet, la protagoniste principale (l'héroïne pourrait-on presque dire) est bien en situation de « collaboration horizontale ». Pourtant, à aucun moment elle est en situation de collaboration avec l'Allemagne nazie (c'est plutôt son amant qui serait en situation de collaboration passive avec une certaine forme de résistance).

Bref, c'est une histoire d'amour au mauvais moment, dans de mauvaises circonstances, une histoire qui amène à des situations troubles. En ça, il est intéressant.
Mais le livre ne convainc pas forcément pleinement sur sa globalité. Dommage, voire dommageable.

lldm, 18.10.2018 à 16:10370217
Docteur C :
Déluge d'Icinori :

.


bonne idée de nous éclairer pour distinguer dans les kilomètres de tapisserie éditoriale parastrasbourgeoise ce qui pourrait y être intéressant et beau (c'est pas simple de résister à un mouvement de rejet général, donc merci de garder ta curiosité - et du coup la nôtre - en éveil)

Docteur C, 12.10.2018 à 0:16370179
Déluge d'Icinori :


Le duo Icinori (Mayumi Otero & Raphaël Urwiller) est le fleuron de cette scène d'autrices et d'auteurs formé-e-s aux arts décoratifs de Strasbourg, section illustration dont l'enseignement est porté par Guillaume Dégé.

La reconnaissance des activités d'Icinori est large : couvertures du New York Times, presse et livres jeunesse, foultitude d'auto-productions de livres-objets, expositions internationales, et j'en passe.

Du flux de leurs productions et auto-productions j'extrais particulièrement ce livre, découvert en distro de fanzines, bien qu'il ait été diffusé.

Il se distingue nettement par son épure, toutes formes possiblement tracées aux normographes, par le soin méticuleux apporté à sa conception et à sa fabrication - jusqu'aux agrafes.

Son évidence formelle apparente, faisant vaciller la place du récit dans ce que produirait un livre de dessins, manifeste une incontestable finesse. Dessins et textes normés se meuvent dans ce livre, couche par couche, passage couleur par passage couleur. On peut alors de par ce mouvement le rattacher à la flottante notion de bande dessinée.

Visite guidée de Lise Trinquand


De Lise Trinquand je peux dire que c'est le premier et seul livre de bande dessinée, péremptoire, auto-édité à 15 exemplaires, peint de janvier 2017 à janvier 2018, imprimé à Clermont-Ferrand.

Elle semble autrement fréquenter des scènes musicales dans cette même ville (y produisant affiches, pochettes, livrets), où j'ai chopé cette bande dessinée, lors du dernier Petit Petit Petit Salon.

Une bande-dessinée en peinture, ainsi que son autrice elle-même la désigne. Curieux d'y voir l'influence de cette scène strasbourgeoise, métamorphosée dans un tout autre horizon politique et plastique.

Ce sont des paysages, possiblement à la gouache, diptyques défilant, y courant un sous-texte d'un dialogue minimal, ou descriptif (sans être à l'image chevillé), celle d'un guide pour une visite, puis d'une rencontre lors de la visite, quelque chose de très simple, - une rencontre amoureuse lors d'une visite guidée. Les paysages naturels au pinceau un peu pataud défilent, ils sont zébrés de formes géométriques que je dirais incertainement industrielles, architecturales, ou des lumières - astrales, floraisons, se détachant.

Ce livre me fascine complètement par ce qu'il déroule, en 32 pages, par sa manière et son point de vue, voilà.

lldm, 26.09.2018 à 0:42370031
ibnalrabin :
lldm :

D'ailleurs, "minimaliste" me semble une façon particulièrement fumiste de dire "feignasse".


Oui, mais je peux me le permettre car je suis extrêmement beau.


C'est indéniable, surtout pour un suisse (je note que Bulledair, contrairement à tous les autres forums, manque singulièrement de remarques racistes, il me fallait y remédier). Tes lecteurs l'ignorent, tu ne prends jamais la peine de poser en quatrième de couverture de tes livres, en noir et blanc, avec un beau contraste, un petit halo sur ton regard et un chat sur les genoux. Tes ventes monteraient en flèche. Tu pourrais dessiner encore moins, peut-être même t'épargner tous ces fastidieux à plats à remplir de noir, et utiliser tout ce temps gagné pour sauter à la perche.

ibnalrabin, 25.09.2018 à 22:43370030
lldm :

D'ailleurs, "minimaliste" me semble une façon particulièrement fumiste de dire "feignasse".


Oui, mais je peux me le permettre car je suis extrêmement beau.

Aba Sourdi, 25.09.2018 à 19:20370028
Je l'ai déjà dit ailleurs mais pour prouver que ce n'était pas surjoué je le redis : je ne suis jamais arrivé à comprendre comment les auteurs de BD non-improvisées faisaient pour tenir devant leur feuille. J'ai essayé de comprendre, vainement, en me mettant dans leur peau, en m'imaginant ce qui peut bien se passer dans un cerveau qui s'astreint à une telle tâche, mais ça veut pas, j'arrive mieux à comprendre (phénoménologiquement, psychologiquement, sociologiquement) un surveillant pénitentiaire (interrogé dans le cadre d'un travail) qu'un “dessinateur de BD”, c'est dire ! (Je n'exagère pas. J'aurais exagéré si j'avais dit "un policier", mais là je prends un exemple que je connais un peu.)

lldm, 25.09.2018 à 0:54370022
ibnalrabin :


Je ne veux pas parler pour eux, mais en ce qui me concerne la flemme du dessin me prend assez rapidement.

Qui a dit "ça se voit" ?


c'était moi, mais je pensais que t'avais pas entendu.
D'ailleurs, "minimaliste" me semble une façon particulièrement fumiste de dire "feignasse".

ibnalrabin, 24.09.2018 à 20:09370019
lanjingling :

En musique, tu serais un improvisateur, plutôt qu'un musicien classique qui répéterait sans cesse ses morceaux avant de les jouer en concert.

Pas forcément improvisateur total, mais quelqu'un qui répète peu, oui.
lanjingling :

J'avais lu des interviews de dessinateurs franco-belge qui trouvaient l'encrage fastidieux, contraignant, par rapport au crayonné préparatoire et à la mise en planche, plus libre et excitant. J'imaginais que ce pouvait être lié à l'encrage souvent propret du franco-belge classique, mais visiblement, il y a autre chose.

Je ne veux pas parler pour eux, mais en ce qui me concerne la flemme du dessin me prend assez rapidement.

Qui a dit "ça se voit" ?

Bon ça m'arrive de chiader hein, des fois j'ai envie.

ibnalrabin, 24.09.2018 à 20:07370018
le ppj :

Il me semble que c'est J.Sfar qui disait dans une interview que le cinéma lui permettait de sortir de la solitude de l'auteur de bandes dessinées. La réalisation d'un film engage une multitude de personnes, acteurs, techniciens...


Oui j'en ai pas parlé parce que je suis pas au clair là dessus, mais le fait que beaucoup de monde soit impliqué fait que chaque étape amène un renouvellement des enjeux narratifs, j'ai l'impression. Tout peut être fait et défait à n'importe quel moment: écriture du scénario, story board, tournage, montage, post-production, j'en oublie. (En bande dessinée aussi la possibilité de tout reprendre existe tout le temps, bien entendu, mais j'ai l'impression qu'il semble moins naturel de s'y mettre au moment de l'exécution graphique.) (Je ne dis pas dessin parce que bon.)

Bref, ce que j'en dis n'est de loin pas abouti, au niveau réflexion, hein.

le ppj, 24.09.2018 à 10:39370011
ibnalrabin :
lanjingling :
Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."


J'ai une théorie très vague à ce sujet. A mon avis, c'est à cause d'une conjonction de trois facteurs. (J'avertis que je vais parler de manière très générale et de bandes dessinées ou autres arts plutôt mainstream, tout ce que j'écris possède des tas de contres exemples, et c'est pas du tout au point. Et je parle d'auteurs complets, pas de scénaristes ou dessinateurs seuls. Bref.)

Le premier, c'est que la bande dessinée est un art laborieux, dans le sens où le temps investi dans le travail est infiniment supérieur à celui de la lecture, et, de manière encore plus importante à mes yeux, à celui de la "conception". Ce que j'entends par là c'est que le travail de pure conception narrative (sur les dialogues, les articulations du récit, la mise en page, etc) qui peuvent être une importante source d'excitation pour un auteur, se fait en général avant le travail graphique proprement dit, dans lequel ces enjeux sont grandement amoindris. Evidemment, ce travail graphique peut également apporter une certaine excitation mais est souvent beaucoup plus répétitif que de faire de la peinture, par exemple. J'ai l'impression qu'en littérature, l'exécution finale est plus liée à de pures questionnements narratifs. (En passant, je pense que c'est une des raisons qui empêche les travaux oubapiens de se développer dans des œuvres aussi longues que, par exemple, la vie mode d'emploi. L'excitation produite par la tentative de sortir du labyrinthe s'amenuise énormément lors de l'exécution du travail graphique. A moins que la contrainte n'ait un lien direct avec ce travail graphique en tant que tel, ce qui n'est pas arrivé très souvent, sauf par exemple dans une très belle histoire où Lécroart parle de sa sœur récemment décédée en utilisant de moins en moins de traits pour son dessin, et de moins en moins de mots, jusqu'à zéro de chaque.)

Le deuxième, c'est lié au statut social de l'auteur de bandes dessinées: c'est quand-même un peu un truc assez bas dans le domaine artistique, si avec un effort de travail similaire ou inférieur on peut se payer une petite montée sur l'échelle sociale, autant y aller.

Le troisième, c'est que putain le saut à la perche c'est bestial quiconque essaie ne revient jamais en arrière, je le sais, je n'ai à mon grand dam jamais essayé.


Il me semble que c'est J.Sfar qui disait dans une interview que le cinéma lui permettait de sortir de la solitude de l'auteur de bandes dessinées. La réalisation d'un film engage une multitude de personnes, acteurs, techniciens...

lanjingling, 24.09.2018 à 9:34370009
En musique, tu serais un improvisateur, plutôt qu'un musicien classique qui répéterait sans cesse ses morceaux avant de les jouer en concert.
J'avais lu des interviews de dessinateurs franco-belge qui trouvaient l'encrage fastidieux, contraignant, par rapport au crayonné préparatoire et à la mise en planche, plus libre et excitant. J'imaginais que ce pouvait être lié à l'encrage souvent propret du franco-belge classique, mais visiblement, il y a autre chose.

ibnalrabin, 23.09.2018 à 22:46370007
Mon dessin me permet de faire un peu tout en même temps, "conception" et réalisation finale, et ça me va assez bien comme ça. J'ai un peu de la peine à trouver excitant de dessiner quelque chose que j'ai déjà entièrement imaginé. Donc je dirais qu'il est minimaliste parce que ça me permet de tout mélanger. Et maintenant, c'est aussi hélas surtout par habitude.

lanjingling, 23.09.2018 à 10:21370005
Est-ce parce que pour toi le travail graphique proprement dit serait moins excitant que la conception graphique que ton dessin est minimaliste, ou le contraire?

ibnalrabin, 22.09.2018 à 23:36370003
lanjingling :

Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."


J'ai une théorie très vague à ce sujet. A mon avis, c'est à cause d'une conjonction de trois facteurs. (J'avertis que je vais parler de manière très générale et de bandes dessinées ou autres arts plutôt mainstream, tout ce que j'écris possède des tas de contres exemples, et c'est pas du tout au point. Et je parle d'auteurs complets, pas de scénaristes ou dessinateurs seuls. Bref.)

Le premier, c'est que la bande dessinée est un art laborieux, dans le sens où le temps investi dans le travail est infiniment supérieur à celui de la lecture, et, de manière encore plus importante à mes yeux, à celui de la "conception". Ce que j'entends par là c'est que le travail de pure conception narrative (sur les dialogues, les articulations du récit, la mise en page, etc) qui peuvent être une importante source d'excitation pour un auteur, se fait en général avant le travail graphique proprement dit, dans lequel ces enjeux sont grandement amoindris. Evidemment, ce travail graphique peut également apporter une certaine excitation mais est souvent beaucoup plus répétitif que de faire de la peinture, par exemple. J'ai l'impression qu'en littérature, l'exécution finale est plus liée à de pures questionnements narratifs. (En passant, je pense que c'est une des raisons qui empêche les travaux oubapiens de se développer dans des œuvres aussi longues que, par exemple, la vie mode d'emploi. L'excitation produite par la tentative de sortir du labyrinthe s'amenuise énormément lors de l'exécution du travail graphique. A moins que la contrainte n'ait un lien direct avec ce travail graphique en tant que tel, ce qui n'est pas arrivé très souvent, sauf par exemple dans une très belle histoire où Lécroart parle de sa sœur récemment décédée en utilisant de moins en moins de traits pour son dessin, et de moins en moins de mots, jusqu'à zéro de chaque.)

Le deuxième, c'est lié au statut social de l'auteur de bandes dessinées: c'est quand-même un peu un truc assez bas dans le domaine artistique, si avec un effort de travail similaire ou inférieur on peut se payer une petite montée sur l'échelle sociale, autant y aller.

Le troisième, c'est que putain le saut à la perche c'est bestial quiconque essaie ne revient jamais en arrière, je le sais, je n'ai à mon grand dam jamais essayé.

crepp, 21.09.2018 à 15:05369995
Gantois :
<

Merci pour le conseil crepp, je serais sans doute passé a coté de cet album là sans ton post.

La poésie et le graphisme de cet album me font penser à McNaught. Je ne sais pas si tu connais.


ah ben de rien.
Pas lu encore du McNaught, j'avais eu entre les mains au moment de sa sortie "automne", mais sans l'acheter.

lanjingling, 21.09.2018 à 10:54369993
Ha, mais c'est bien connu que le rêve d'enfant de Franquin, c'était de devenir sauteur à la perche (d'où la création du marsupilami), de même qu'Ibn al Rabin (d'où ses nombreuses scènes de danse), de même les frères Leglatin (idem qu'Ibn al Rabin), Peyo (les Schtroumpfs qui se déplacent en sautant), Jean Graton (lui, cela l'a tellement frustré et déprimé que tout ce qu'il a fait par la suite a été mauvais).

lldm, 21.09.2018 à 10:44369992
NDZ :
C'était juste pour faire écho à l'ange.

lanjingling :
Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."


oula, j'ai l'esprit lourdaud, dis-donc.

NDZ, 21.09.2018 à 10:36369991
C'était juste pour faire écho à l'ange.

lanjingling :
Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."

Gantois, 21.09.2018 à 10:21369990
crepp :




"A travers" c'est l'histoire d'une vie, donc cela commence dans le ventre de la mère en décembre 1955, pour se poursuivre pendant des années. Ainsi le lecteur va suivre l'histoire d'un homme dans la grande Histoire des hommes, et cela par le bout de la lorgnette.
Car ici Tom Haugomat part d'une idée assez simple: la page de gauche montre un dessin avec un personnage (souvent le "héros") , celle de droite montrera ce que voit le même personnage.
Une image vaut mieux qu'un explication :


Et ça marche, cette description du temps qui passe, pour nous rappeler que nous sommes juste un grain de poussière dans le tout, me touche beaucoup. J'y retrouve l'ambiance que dégage "Ici" de Richard McGuire.
Je pensais que mon album de l'année sera et restera "Moi ce que j'aime c'est les monstres", et ben il y aura match.

coup de coeur


Merci pour le conseil crepp, je serais sans doute passé a coté de cet album là sans ton post.

La poésie et le graphisme de cet album me font penser à McNaught. Je ne sais pas si tu connais.

lldm, 21.09.2018 à 1:14369988
NDZ :
Tu ne faisais pas plutôt du saut à la perche avant ?


alors, j'ai fait un certain nombre de choses absurdes, mais ça non.
Mais pourquoi du saut à la perche, bon sang?

NDZ, 20.09.2018 à 22:58369987
Pierre :
NDZ :
Grosse déception. Le propos est bordélique à souhait (pour insister sur l'importance de la prostitution?)... si c'est pour souligner que l'on fait plutôt face à du crime désorganisé en France c'est réussi, mais j'avoue que le manque de fil rouge ou de structure rend la lecture (?) limite pénible. On a un enchaînement non chronologique d'anecdotes, avec un vague rangement géographique qui ne suffit pas pour passionner. De plus, j'ai comme eu la mauvaise impression d'un survol (se concentrer sur 1890-1980 aurait été pas mal, non?) rempli affirmations frêles sur le plan scientifique. Pour exemple, au XXeme, les malfrats français seraient les seuls à chercher à être à la pointe de la technologie pour berner la flicaille et pas les américains, les anglais ou les allemands ?? j'ai peine à le croire. On nous dit que l'organisation horizontale est une spécificité française... avant de re-préciser que c'est pareil en Angleterre et en Allemagne. Etc. Bref, j'ai comme eu l'impression tout au long de ce (court) volume d'être face à un résumé du livre du scénariste mais sans les transitions, sans la hiérarchie, sans le fond. Sans logique. Sans précision.

Du coup, on aura tendance à vite décrocher ou à ne rien retenir (même sur si court!!) ; la seule info digne d'intérêt de ce précis "semi-encyclopédique" sera alors que le Cheval blême est une série en 6 tomes (cf bibliographie fautive de David B. en fin de volume; on a hâte de lire les tomes 2 à 5 inédits). Un livre anecdotique, même si sur le plan graphique il y a toujours des compositions de David B. bien trouvées...

Décidément, j'ai beaucoup de problème avec la collection, je craquerais à nouveau sûrement pour un titre sur la Bouture du cerisier japonais par E. Guibert ou bien sur les Cendriers de terrasses de cafés par Blutch... mais d'ici là, je vais oublier.


Un excellent travail à la fois universitaire et grand public sur un sujet voisin: Les Bas-fonds, Histoire d'un imaginaire par Dominique Kalifa:



Je le conseille chaudement.


C'est noté, merci !

NDZ, 20.09.2018 à 22:58369986
Tu ne faisais pas plutôt du saut à la perche avant ?

Pierre, 20.09.2018 à 22:28369985
lldm :
lanjingling :

Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."



si ça peut apporter un très léger (léger, léger) contrepoint à ce mouvement unilinéaire et effectivement vérifié ( je ne compte plus le nombre d'abrutis parmi les auteurs de BD eux-mêmes, généralement assez illettrés pour se donner du roman ou de l'essai une vision parcellaire, fragmentaire, fausse, qui m'ont dit un jour : "moi ce que je voudrais, c'est faire des vrais livres" - ou quelque chose d'approchant. Je ne donne pas de noms, ils se reconnaitront, mais quand on sait qui c'est, on pleure ) :
j'ai arrêté la pratique des arts plastiques dans le cadre social dit "art contemporain" (qui m'a tenu longtemps) et l'écriture dans un cadre dit "littéraire" (qui m'a tenu longtemps), pour me consacrer pleinement aux bandes dessinées. Je suis persuadé qu'aucune discipline n'est plus potentiellement puissante poétiquement, intellectuellement, artistiquement, qu'elle. Rien ne m'apporte autant de possibilités. Si je reprends parfois quelques activités anciennes pour un concert, pour écrire un essai ou faire une installation, c'est pour me délasser de la complexité et de l'intensité que me demande le travail en bandes. Tu vois, il y en a au moins un.


Bravo.

Pierre, 20.09.2018 à 22:21369984
NDZ :
Grosse déception. Le propos est bordélique à souhait (pour insister sur l'importance de la prostitution?)... si c'est pour souligner que l'on fait plutôt face à du crime désorganisé en France c'est réussi, mais j'avoue que le manque de fil rouge ou de structure rend la lecture (?) limite pénible. On a un enchaînement non chronologique d'anecdotes, avec un vague rangement géographique qui ne suffit pas pour passionner. De plus, j'ai comme eu la mauvaise impression d'un survol (se concentrer sur 1890-1980 aurait été pas mal, non?) rempli affirmations frêles sur le plan scientifique. Pour exemple, au XXeme, les malfrats français seraient les seuls à chercher à être à la pointe de la technologie pour berner la flicaille et pas les américains, les anglais ou les allemands ?? j'ai peine à le croire. On nous dit que l'organisation horizontale est une spécificité française... avant de re-préciser que c'est pareil en Angleterre et en Allemagne. Etc. Bref, j'ai comme eu l'impression tout au long de ce (court) volume d'être face à un résumé du livre du scénariste mais sans les transitions, sans la hiérarchie, sans le fond. Sans logique. Sans précision.

Du coup, on aura tendance à vite décrocher ou à ne rien retenir (même sur si court!!) ; la seule info digne d'intérêt de ce précis "semi-encyclopédique" sera alors que le Cheval blême est une série en 6 tomes (cf bibliographie fautive de David B. en fin de volume; on a hâte de lire les tomes 2 à 5 inédits). Un livre anecdotique, même si sur le plan graphique il y a toujours des compositions de David B. bien trouvées...

Décidément, j'ai beaucoup de problème avec la collection, je craquerais à nouveau sûrement pour un titre sur la Bouture du cerisier japonais par E. Guibert ou bien sur les Cendriers de terrasses de cafés par Blutch... mais d'ici là, je vais oublier.


Un excellent travail à la fois universitaire et grand public sur un sujet voisin: Les Bas-fonds, Histoire d'un imaginaire par Dominique Kalifa:



Je le conseille chaudement.

lldm, 20.09.2018 à 11:16369976
lanjingling :

Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."



si ça peut apporter un très léger (léger, léger) contrepoint à ce mouvement unilinéaire et effectivement vérifié ( je ne compte plus le nombre d'abrutis parmi les auteurs de BD eux-mêmes, généralement assez illettrés pour se donner du roman ou de l'essai une vision parcellaire, fragmentaire, fausse, qui m'ont dit un jour : "moi ce que je voudrais, c'est faire des vrais livres" - ou quelque chose d'approchant. Je ne donne pas de noms, ils se reconnaitront, mais quand on sait qui c'est, on pleure ) :
j'ai arrêté la pratique des arts plastiques dans le cadre social dit "art contemporain" (qui m'a tenu longtemps) et l'écriture dans un cadre dit "littéraire" (qui m'a tenu longtemps), pour me consacrer pleinement aux bandes dessinées. Je suis persuadé qu'aucune discipline n'est plus potentiellement puissante poétiquement, intellectuellement, artistiquement, qu'elle. Rien ne m'apporte autant de possibilités. Si je reprends parfois quelques activités anciennes pour un concert, pour écrire un essai ou faire une installation, c'est pour me délasser de la complexité et de l'intensité que me demande le travail en bandes. Tu vois, il y en a au moins un.

lldm, 20.09.2018 à 11:03369975
Glotz :
Ce n'est que depuis 2015 et la publication de sa biographie de Cass Elliot puis sa série de biographies de femmes Les Culottées (disponible en ligne gratuitement) qu'elle se réclame du féminisme.


Je viens de me fader son indigente bio de Guggenheim. Pas une ligne de cette poétesse géniale (à laquelle tant de poètes d'avant-garde doivent énormément, Roubaud, Minière, Montels etc.), rien sur QUI elle est. On bavarde, on enchaine les anecdotes niaises, on ne comprend donc rien de ce qui la grandit vraiment. Elle n'est grandie dans ces pages merdiques que par les artistes qu'elle soutient. Bravo Bagieu, bien vu. Quelle honte... Comment peut-on être aussi galactiquement éloignée de son sujet ?
Indigence, absence totale de perspective, et surtout pas de perspective féministe? Oui. Exemple : on y apprend en une case, présentant frontalement deux figures faisant la fête (niveau zéro de la bande), que P.G. a organisé une exposition de 31 femmes. Cette expo, c'était l'occasion, le truc, la porte d'entrée possible dans un livre. Il faudra compter sur quelqu'un d'autre pour qu'il se fasse un jour. Lire et aimer Peggy Guggenheim aurait aidé, sans doute, à ouvrir un travail réel sur cette femme incroyable. De cette expo, nous ne saurons rien, ne verrons rien, n'aurons pas la moindre idée de qui seront 30 de ces femmes. La seule dont il est question, en une phrase, est Dorothéa Tanning. Cette artiste fascinante (si on laisse de côté la peinture, pendant longtemps pas franchement top), trop mal documentée en France avait une idée visionnaire de l'installation, des organisations de l'espace, et elle fabriquait de fascinantes horreurs molles et inquiétantes, d'une sourde pornographie, mettant en jeu la permanence des formes sculpturales quelques décennies avant Robert Morris et ses grands feutres amorphes. D'elle, Bagieu nous dit seulement qu'elle est belle. Comme n'importe quel beauf misogyne, c'est ce que Bagieu a à nous dire de Tanning. Et qu'elle se barre avec Max Ernst. La voici résumée à son artiste de mari, ce que font tous les beaufs misogynes. Bagieu n'a pas changé. Opportuniste, elle flaire que "féministe", c'est la bonne niche pour être une auteure légitime qui doit prendre un petit bain après les années girly. Je vais me passer volontiers des autres biographies.

NDZ, 20.09.2018 à 11:01369974
Grosse déception. Le propos est bordélique à souhait (pour insister sur l'importance de la prostitution?)... si c'est pour souligner que l'on fait plutôt face à du crime désorganisé en France c'est réussi, mais j'avoue que le manque de fil rouge ou de structure rend la lecture (?) limite pénible. On a un enchaînement non chronologique d'anecdotes, avec un vague rangement géographique qui ne suffit pas pour passionner. De plus, j'ai comme eu la mauvaise impression d'un survol (se concentrer sur 1890-1980 aurait été pas mal, non?) rempli affirmations frêles sur le plan scientifique. Pour exemple, au XXeme, les malfrats français seraient les seuls à chercher à être à la pointe de la technologie pour berner la flicaille et pas les américains, les anglais ou les allemands ?? j'ai peine à le croire. On nous dit que l'organisation horizontale est une spécificité française... avant de re-préciser que c'est pareil en Angleterre et en Allemagne. Etc. Bref, j'ai comme eu l'impression tout au long de ce (court) volume d'être face à un résumé du livre du scénariste mais sans les transitions, sans la hiérarchie, sans le fond. Sans logique. Sans précision.

Du coup, on aura tendance à vite décrocher ou à ne rien retenir (même sur si court!!) ; la seule info digne d'intérêt de ce précis "semi-encyclopédique" sera alors que le Cheval blême est une série en 6 tomes (cf bibliographie fautive de David B. en fin de volume; on a hâte de lire les tomes 2 à 5 inédits). Un livre anecdotique, même si sur le plan graphique il y a toujours des compositions de David B. bien trouvées...

Décidément, j'ai beaucoup de problème avec la collection, je craquerais à nouveau sûrement pour un titre sur la Bouture du cerisier japonais par E. Guibert ou bien sur les Cendriers de terrasses de cafés par Blutch... mais d'ici là, je vais oublier.

lanjingling, 20.09.2018 à 10:44369972
Glotz :
Cela dit Bagieu ne renie pas tout tout ses premières œuvres. En 2013, elle rejetait les critiques : « Après, sur les critiques disant que ce type de BD dégrade l'image de la femme, c'est aller un peu loin : ça se veut juste léger et pour faire sourire. » En 2016, elle déclarait : « La BD girly et la BD féministe, c’est la même chose », point de vue partagé par d'autres.

Extraits:"même le Haut conseil à l'égalité recommande aux enseignants cette BD comme «outil ludique pour valoriser le rôle de femmes oubliées de l’Histoire», dans son rapport sur la formation à l'égalité filles-garçons.'
Ludique:Qui permet de s’amuser, qui est de l'ordre du jeu.
Comme c'est le Haut conseil à l'égalité, ils ne peuvent pas se permettre de dire "la B.D., c'est juste un truc rigolo", alors, ils disent ludique, mais c'est l'idée.

Diglee: " Aujourd'hui, je n'ai plus envie de faire de la BD. J'ai envie de tenir le même discours mais en sortant du dessin, comme avec mon roman pour adolescents."
Intrigant, c'est toujours dans le même sens, je n'ai jamais lu d'entretien dans lequel quelqu'un dise "j'arrête le roman/la peinture/le cinéma/le saut à la perche pour faire de la B.D."
Ah, oui, mais, comme la B.D. c'est juste un truc rigolo ("ludique", pardon) pour les momes (ou pour éventuellement aider à l'éducation des adolescents), c'est pas intrigant, en fait.

lldm, 20.09.2018 à 10:12369971
Glotz :
« Après, sur les critiques disant que ce type de BD dégrade l'image de la femme, c'est aller un peu loin : ça se veut juste léger et pour faire sourire. » En 2016, elle déclarait : « La BD girly et la BD féministe, c’est la même chose », point de vue partagé par d'autres. J'imagine que c'est ce genre de point de vue que tu rejettes ?


sans nuance
ce que j'ai lu, contrairement à ce qu'affirme Bagieu, dégrade salement l'image des femmes. Si la citation est exacte (ce qu resterait à déterminer), elle est elle-même douteuse (parler d'un truc comme "la femme" est en soi un foutu problème dont on pourrait ad infinitum causer. Mais je crains qu'en ouvrant un fil "bandes dessinées et féminisme" ça se barre en sucette vite. Et je ne me sens pas légitime de le faire, en tout cas)

Glotz, 19.09.2018 à 10:55369948
lldm :
Quand le même auteur se présente ailleurs comme féministe, quel sorte de bienfaits le féminisme, déjà suffisamment conspué un peu partout, peut bien tirer de cette schize éditoriale, franchement ? Bon sang que ça m'énerve.

Ta critique de cet album de 2008 paraît un peu injuste : personne ne considérait Bagieu comme féministe à l'époque ; elle était cible de critiques féroces pour l'image des femmes véhiculée par ses BD « girly ». Ce n'est que depuis 2015 et la publication de sa biographie de Cass Elliot puis sa série de biographies de femmes Les Culottées (disponible en ligne gratuitement) qu'elle se réclame du féminisme. Il y a quelques mois elle avait même le « le rageomètre au max » contre le patriarcat :)

Cela dit Bagieu ne renie pas tout tout ses premières œuvres. En 2013, elle rejetait les critiques : « Après, sur les critiques disant que ce type de BD dégrade l'image de la femme, c'est aller un peu loin : ça se veut juste léger et pour faire sourire. » En 2016, elle déclarait : « La BD girly et la BD féministe, c’est la même chose », point de vue partagé par d'autres. J'imagine que c'est ce genre de point de vue que tu rejettes ?

lldm, 19.09.2018 à 10:13369947
Pierre :


Tout cela a à voir avec l'auto-objectivation non ?


on peut être accablé des effets de l'objectivation sur cette objectivation même, comme processus inévitable de renforcement. Quand le même auteur se présente ailleurs comme féministe, quel sorte de bienfaits le féminisme, déjà suffisamment conspué un peu partout, peut bien tirer de cette schize éditoriale, franchement ? Bon sang que ça m'énerve.

Pierre :
Ce qui est rigolo, c'est que selon ton analyse, Marilou Berry (l'interprète de l'adaptation cinématographique de ce chef d'oeuvre) serait donc un homme ?


c'est malin, tsss tsss

Thierry, 17.09.2018 à 14:01369937
crepp :
Mr_Switch :
Tu vas plutôt te précipiter sur




Avoue !

Ben j'espère bien, j'attends son avis ! :o)


parce que je vous aime encore, j'ai acheté la chose ce weekend, mais en VO parce que la maquette est beaucoup plus belle et je crains que ce genre d'exercice ne se prète difficilement à la traduction partielle. Graphiquement, l'allure de Nick cave est parfaitement captutée et, au feuilletage, le dernier chapitre qui joue sur Higgs Boson Blues semble très beau.
J'ai aussi acheté Sabrina, le nouveau Nick Drnaso (première bande dessinée finaliste du Booker Prize, après un Beverly très prometteur) et le Book of Magic de Gaiman & cie comme curiosité

Pierre, 16.09.2018 à 19:33369934
lldm :
Ce Pénélope Bagieu est un gros con misogyne de la pire espèce ; avoir choisi un pseudonyme féminin pour exposer de façon encore plus insolente sa conception calamiteuse des femmes n'est pas la pire crapulerie de ce pensum qui devrait déchaîner la colère des moins féministes. L'espèce de singerie molle, fadasse, puérile, de tous le sponcifs qu'un esprit embrumé s'imagine d'une façon ou d'une autre former un trait "féminin", est non seulement insultante, réductrice, mais trahit tout de même une belle dose d'arrogance aveugle à ses propres limites : comment l'auteur peut-il s'imaginer que quiconque prendra cette caricature ridicule pour un livre de femme?


Tout cela a à voir avec l'auto-objectivation non ?

Ce qui est rigolo, c'est que selon ton analyse, Marilou Berry (l'interprète de l'adaptation cinématographique de ce chef d'oeuvre) serait donc un homme ?

lldm, 16.09.2018 à 1:05369929
Ce Pénélope Bagieu est un gros con misogyne de la pire espèce ; avoir choisi un pseudonyme féminin pour exposer de façon encore plus insolente sa conception calamiteuse des femmes n'est pas la pire crapulerie de ce pensum qui devrait déchaîner la colère des moins féministes. L'espèce de singerie molle, fadasse, puérile, de tous le sponcifs qu'un esprit embrumé s'imagine d'une façon ou d'une autre former un trait "féminin", est non seulement insultante, réductrice, mais trahit tout de même une belle dose d'arrogance aveugle à ses propres limites : comment l'auteur peut-il s'imaginer que quiconque prendra cette caricature ridicule pour un livre de femme?

Mr_Switch, 09.09.2018 à 20:08369817
Non, pas forcément cul. Mais résolument adulte. Je l'ai feuilleté et j'ai pensé à Ici, justement. Merci ;)

crepp, 09.09.2018 à 19:14369816
Mr_Switch :
J'ai vu ce bouquin jeudi (et donc mis dans la base jeudi). Ce qui a attiré mon oeil, c'est d'un côté cette couverture trouillotée, et d'un autre l'éditeur. On n'a pas l'habitude de voir Thierry Magnier dans une littérature non jeunesse.

Ce Thierry Magnier était placé avec les bandes adulte-adulte.

Tu trouves que ce livre n'est réellement pas destiné à tous les yeux ?


Hein ? par "adulte adulte" tu parles de cul là ? :o) Non mais si on parle bien d'" A travers", il n'y a rien d'interdit dedans, c'est visible par tous les yeux, grands, petits, bleus, verts ...
C'est très beau, poétique, maintenant il y a ce coté touchant par cette vision du temps qui passe, est ce que cela touchera autant des jeunes, je ne suis pas sur.

Mr_Switch, 09.09.2018 à 17:43369815
J'ai vu ce bouquin jeudi (et donc mis dans la base jeudi). Ce qui a attiré mon oeil, c'est d'un côté cette couverture trouillotée, et d'un autre l'éditeur. On n'a pas l'habitude de voir Thierry Magnier dans une littérature non jeunesse.

Ce Thierry Magnier était placé avec les bandes adulte-adulte.

Tu trouves que ce livre n'est réellement pas destiné à tous les yeux ?

crepp, 08.09.2018 à 18:13369811




"A travers" c'est l'histoire d'une vie, donc cela commence dans le ventre de la mère en décembre 1955, pour se poursuivre pendant des années. Ainsi le lecteur va suivre l'histoire d'un homme dans la grande Histoire des hommes, et cela par le bout de la lorgnette.
Car ici Tom Haugomat part d'une idée assez simple: la page de gauche montre un dessin avec un personnage (souvent le "héros") , celle de droite montrera ce que voit le même personnage.
Une image vaut mieux qu'un explication :



Et ça marche, cette description du temps qui passe, pour nous rappeler que nous sommes juste un grain de poussière dans le tout, me touche beaucoup. J'y retrouve l'ambiance que dégage "Ici" de Richard McGuire.
Je pensais que mon album de l'année sera et restera "Moi ce que j'aime c'est les monstres", et ben il y aura match.

coup de coeur

lanjingling, 08.09.2018 à 11:07369809
crepp :
le "sous-art" (je ne trouve pas d'autre mot pour le moment) que représentent les couvertures des mags d'horreur.

Oui, en anglais, on dit 'high-art' et 'low-art', en francais c'est moins direct, on parle d'art elitiste et d'art populaire.
On peut aussi parler de contre-culture, qui est beaucoup plus developpee aux Etats-Unis d'Amerique.

Comme Satrapi, Emil Ferris ne vient pas de la B.D., ce qui lui permet une plus grande liberte d'expression quant au medium, et vient d'ailleurs (paralysee plusieurs annees, cela exclue un peu de la societe).
Dans les deux cas, cela apporte un vent nouveau qui se transforme en tempete dans l'edition.
Grand succes critique, et commercial aussi, malgre le prix.

D'apres les extraits que j'en ai vus, elle m'a l'air tres talentueuse.

crepp, 08.09.2018 à 10:44369808
lanjingling :


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?


P'tain et sinon second coup de coeur juste après le premier avec "A travers" de Tom Haugomat, si c'est pas beau ça :o) (j'en parle un peu plus tard)

crepp, 08.09.2018 à 10:42369807
lanjingling :
crepp :




Premier coup de cœur de l'année, un régal.


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?


Ce n'est pas toujours évident de parler d'un coup de cœur (lecture, film, tableau etc etc) sans paraître trop dans l'admiration stérile. Alors je vais mettre un petit résumé lu à la fin de la BD qui retranscrit bien l'idée de mon émotion à la fin de cette lecture:
"Cette oeuvre magnifique mesure 204 mm de large sur 267 mm de haut et compte 416 pages. Elle est le résultat d'une expérience de laboratoire composée de 42% de mystère, 18% de fiction historique, 6% de romance, 21% de souvenirs, 5% de réalisme urbain, 6% de critique sociale mordante, 10% d'humour, et de 3% de thriller surnaturel. Elle est aussi faite de nombreux cœurs qui battent et battent encore, de milliers de crocs prêts à mordre, de puissantes sensations souterraines et d'un appétit féroce pour la vie".
Car l'histoire de cette gamine, vivant dans le Chicago des années 60, voulant absolument devenir un monstre est captivante, passionnante, enrichissante et touchante.
C'était annoncé comme une merveille (une pluie de prix en tout genre sur ce premier tome outre atlantique), et ça tient ses promesses !! alors je dis bravo à Emil Ferris pour cette entrée fracassante, et vivement la suite.

Et sinon Réussir à sortir graphiquement quelque chose d'aussi incroyable (elle a été paralysée au point de se scotcher un stylo sur sa main pour pouvoir dessiner), je baisse mon chapeau bien bien bas (on est d'accord hein, ce n'est pas ce qui fait que l'album est bien :o)
Autre chose aussi que j'ai beaucoup apprécié et qui est rare dans un album, c'est de parler d'art (par l'intermédiaire d'un musée) et de le mélanger aussi habilement avec le "sous-art" (je ne trouve pas d'autre mot pour le moment) que représentent les couvertures des mags d'horreur.

lanjingling, 07.09.2018 à 22:20369804
crepp :




Premier coup de cœur de l'année, un régal.


Premier coup de cœur en septembre? Il serait presque temps....:)
Tu pourrais en dire un peu plus?

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